[521] Vers l'an 374. Claudius Julius Ædésius Dynamius était préfet de Rome, comme l'indique Ammien Marcellin, l. 27, c. 3, regente Claudio Romam.—S.-M.

LVIII.

Symmaque préfet de Rome.

Amm. l. 27, c. 3.

Symm. l. 1, ep. 38 et in auct. ep. 1 et 6.

Grut. inscr. p. 370, nº 3.

Till. Valent. art. 11.

Le plus renommé des magistrats de ce temps est L. Aurélius Avianius Symmachus, père de celui dont il nous reste dix livres de lettres. Il fut vicaire de Rome, préfet de la même ville, consul subrogé, et revêtu des premières dignités sacerdotales. Il était savant et modeste. Les païens révéraient sa vertu; les chrétiens honoraient sa probité et ses talents. Le sénat l'avait plusieurs fois député aux empereurs; et nous avons vu qu'étant allé trouver Constance à Antioche, il s'était attiré l'estime de toute la ville. Il était toujours le premier consulté dans les délibérations du sénat: son autorité, ses lumières, son éloquence lui donnaient le premier rang dans cette célèbre compagnie. Ce fut à la requête du sénat que dans la suite Gratien et Valentinien II lui firent élever une statue dorée, dont l'inscription qui s'est conservée jusqu'à nos jours, forme un éloge complet. Valens lui en fit ériger une semblable à Constantinople. Sa préfecture fut un temps de tranquillité et d'abondance[522]. Il fit construire à Rome un pont magnifique, qui communiquait de la ville à l'île du Tibre; c'est, selon l'opinion commune, le pont de Saint-Barthélemi, nommé dans l'ancienne inscription le pont de Gratien, qui fut achevé trois ou quatre ans après la préfecture de Symmaque[523]. Tant de services furent trop tôt oubliés. Quelques années après, un misérable de la lie du peuple s'avisa de débiter dans Rome, qu'il avait ouï dire à Symmaque qu'il aimait mieux perdre son vin, que de le vendre au prix auquel le peuple désirait que le vin fût vendu cette année. Sur ce rapport, sans autre preuve, le peuple alla mettre le feu à la maison de cet illustre sénateur, située au-delà du Tibre. Ce bel édifice fut réduit en cendres, et Symmaque oblige de s'enfuir. Il revint bientôt après avec un nouvel éclat, à la prière du sénat, qui lui avait fait une députation. Il vivait encore en 381; et il eut un avantage que la nature a refusé à la plupart des grands hommes; ce fut de laisser un fils héritier de ses rares qualités.

[522] Il fut préfet en l'an 364 et 365.—S.-M.

[523] L'inscription de ce pont se rapporte à l'an 369.—S.-M.