[515] On a des lois de Valentinien, rendues dans cette ville, et datées des 7 avril, 17 mai et 14 juin.—S.-M.
[516] Ammien Marcellin remarque qu'à la même époque Valentinien reçut la tête de Procope, qui lui était envoyée par Valens. On a déjà remarqué que Procope périt le 27 de mai de l'an 366.—S.-M.
[517] Il était dans cette ville le 8 octobre.—S.-M.
LVII.
Caractère des divers magistrats de ce temps-là.
Amm. l. 27, c. 3 et 7.
La conduite des magistrats du premier ordre contribuant beaucoup soit à la force et à la gloire, soit au déshonneur et à l'affaiblissement des empereurs et des empires, l'histoire ne doit point oublier ceux qui se sont rendus célèbres par leurs vertus ou par leurs vices. Les monuments de ces temps-là nous en font connaître un assez grand nombre, qui méritent de la postérité des éloges ou des censures. Mamertinus, qui avait joué un si grand rôle sous le règne de Julien, se maintint encore dans la préfecture de l'Italie et de l'Illyrie pendant la première année du règne de Valentinien[518]. Mais il fut déposé dès l'année suivante, et peu de temps après accusé de péculat. Ammien Marcellin ne dit pas quel fut le succès de cette accusation, et son silence même forme un fâcheux préjugé contre ce préfet, que l'historien sans doute a voulu ménager, par honneur pour la mémoire de Julien. C'est encore une chose digne de remarque, que cet auteur nommant tant de fois Mamertinus, ne lui donne jamais de louange; ce qui suffit dans les circonstances pour faire soupçonner que ce favori de Julien n'en méritait aucune. Vulcatius Rufinus, son successeur dans la préfecture d'Italie, s'était acquis l'estime publique pendant le cours d'une longue vie; on le regardait comme un homme parfait. Mais il déshonora sa vieillesse par une extrême avidité qui le rendait peu délicat sur les moyens d'acquérir, pourvu qu'il espérât pouvoir cacher ses rapines. Il obtint de Valentinien le rappel d'Orfitus, préfet de Rome. Celui-ci avait été condamné comme coupable de péculat sur l'accusation de Térentius. Ce Térentius est un exemple des jeux bizarres de la fortune. C'était un boulanger de Rome, qui devint gouverneur de la Toscane[519]. On raconte à son sujet un événement plus assorti au caractère et à la condition du personnage, qu'à la dignité de l'histoire. Quelques jours avant qu'il arrivât en Toscane, un âne était monté en présence de tout le peuple sur le tribunal dans la ville de Pistoie [Pistoria], et s'y était mis à braire de toutes ses forces: ce qu'on ne manqua pas de se rappeler comme l'annonce du magistrat futur, lorsqu'on vit Térentius assis sur le même tribunal[520]. Cet homme hardi et sans honneur fut, quelques années après, convaincu d'avoir fabriqué des actes, et condamné à mort comme faussaire[521].
[518] Il nous reste un panégyrique de Julien composé par Mamertinus; il en a déjà été question, t. 2, p. 405; liv. XII, § 11.—S.-M.
[519] De la Toscane Annonaire, Tuscia Annonaria. La Toscane était alors divisée en deux provinces distinguées par les surnoms d'Annonaire et d'Urbicaire. L'une, Annonaria, fournissait des vivres à Rome; l'autre, Urbicaria, devait son nom à sa position voisine de Rome. On voit, par une loi de Valentinien, que Térentius était en charge le 28 mai 365.—S.-M.
[520] La ville de Pistoie se nommait Pistoria, et Térentius avait été boulanger (pistor).—S.-M.