[550] Cette indication est de Faustus de Byzance, l. 4, c. 25. Les Huns qui ne semblent paraître pour la première fois dans l'histoire du Bas-Empire qu'en l'an 376, d'une manière un peu importante, sont connus depuis une époque plus ancienne par les auteurs arméniens; ce qui n'est pas étonnant, puisque les Arméniens étaient plus voisins des pays qu'ils habitaient. Leurs historiens font mention des guerres que leur roi Tiridate qui régna depuis l'an 259 jusqu'en 312, soutint contre ces peuples qui avaient fait une irruption en Arménie. J'ai déja remarqué, t. 2, p. 177, n. 1, l. IX, § 30, qu'il était bien probable que la nation alliée des Perses qui est appelée Chionitæ par Ammien Marcellin, (l. 16, c. 9, l. 17, c. 5, et l. 19, c. 1 et 2) était la même que celle des Huns qui s'était mise alors à la solde du roi de Perse comme nous la voyons maintenant au service du roi d'Arménie. Il est bien probable que les Huns n'étaient pas plus inconnus aux Persans qu'aux Arméniens. Les Huns étaient des peuples semblables aux Alains, aux Massagètes et aux autres nations établies entre le Pont-Euxin et la mer Caspienne, qui, soit isolément, soit ensemble, passaient souvent le mont Caucase, pour combattre ou pour servir les rois et les peuples qui se trouvaient au-delà de cette montagne. Nous aurons d'autres fois occasion de faire la même remarque.—S.-M.
[551] Les auteurs anciens et les Arméniens nous apprennent que les Alains erraient autrefois dans les vastes plaines désertes qui s'étendent au nord du mont Caucase. Ils faisaient de là de si fréquentes incursions au midi de cette montagne, que le grand défilé qui la traverse vers le milieu, en reçut chez les Arméniens le nom de porte des Alains. Il est certain qu'ils étaient établis, dès le premier siècle de notre ère, dans ces régions. Vers cette époque, ils firent dans l'Arménie une grande invasion qui est relatée dans l'histoire de Moïse de Khoren (l. 2, c. 47). La guerre se termina par une alliance entre les deux nations et le roi d'Arménie épousa Sathinik, fille du roi des Alains. Dans la suite, les enfants du roi d'Arménie passèrent le Caucase pour aller soutenir les droits du frère de Sathinik contre un usurpateur qui lui disputait son héritage (Mos. Chor., l. 2, c. 49). Une des familles nobles de l'Arménie, qui portait le nom d'Aravélienne, était Alaine d'origine (Mos. Chor., l. 2, c. 55).—S.-M.
[552] Ce pays portait, en arménien et en persan, le nom d'Aderbadegan, on l'appelle à présent Aderbaïdjan. (Voyez t. 1, p. 408, note 3, liv. VI, § 14). Cette région fut long-temps gouvernée par des rois particuliers, dont les derniers furent de la race des Arsacides; ensuite, selon les diverses fortunes de la guerre, elle appartint en tout ou en partie aux Persans ou aux Arméniens. Quand ces derniers en étaient les maîtres, ils y entretenaient pour la garde de cette frontière, un officier qui résidait dans la ville de Tauriz, dont il sera question ci-après dans la note 4. (Faust. Byz., l. 4, c. 21, et l. 5, c. 4 et 5. Mos. Chor., l. 2, c. 84).—S.-M.
[553] Voyez ci-devant, p. 163, l. XV, § 11.—S.-M.
[554] Voyez ci-devant, p. 158, note 2, liv. XV, § 9.—S.-M.
[555] Cette ville, qui a été décrite par un grand nombre de voyageurs, est capitale de l'Aderbaïdjan, l'Atropatène des anciens, et actuellement la résidence du prince héritier du royaume de Perse. Elle porte encore le même nom. Cependant on l'appelle plus ordinairement Tébriz; c'est ainsi qu'elle est désignée dans les livres persans; l'autre dénomination est plus en usage dans le peuple et parmi les Arméniens, chez lesquels la prononciation de ce nom a varié plusieurs fois; car on le trouve dans leurs écrits sous les formes Thavresch et Tavrej. Les Arméniens expliquent d'une manière fabuleuse l'origine de ce nom; le vrai est qu'on l'ignore. Peut-être est-il venu de la Perse; car le véritable nom de cette ville, chez les Arméniens, était Kandsak ou Gandsak, qui paraît dans les auteurs anciens et dans les byzantins, sous les formes Γάζα, Γάζακα, Γαζακὸν, et Καντζάκιον. Ιl serait possible que cette dénomination lui vînt de ce que les trésors des rois du pays y étaient déposés; car le mot Gaza, qui se trouve avec ce sens dans le grec et le latin, existe aussi dans les langues orientales. Kenz, en persan et en arabe, et Gandz, en arménien, ont la même signification. On pourrait trouver dans les temps modernes des exemples de dénominations analogues. Pour distinguer cette ville d'une autre cité du même nom, située dans l'Arménie septentrionale, non loin du Cyrus, et voisine de l'Albanie, ils l'appellent Gandsak Schahasdan ou Gandsak Aderbadakani, c'est-à-dire Gandsak royale ou Gandsak de l'Aderbadagan. Elle devait encore à sa magnificence et à sa force les surnoms de Seconde Ecbatane et de ville aux sept enceintes. Voyez mes Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, t. 1, p. 129.—S.-M.
[556] Voyez ci-devant, p. 126, l. XIV, § 39.—S.-M.
[557] Voyez ci-devant, p. 120, l. XIV, § 35; p. 157, et p. 158, note 2, l. XV, § 9.—S.-M.
[558] J'ai déjà fait voir, p. 158, note 2, que le roi de Perse n'était pas encore arrivé en présence des Romains quand Julien fut tué. Aux autorités que j'y ai déja alléguées, on peut joindre encore ce passage dans lequel Ammien Marcellin rapporte, l. 25, c. 7, que le roi avait été informé, pendant qu'il s'approchait, des pertes éprouvées par son armée avant son arrivée. Rex Sapor et PROCUL ABSENS, ET CUM PROPÈ VENISSET, exploratorum perfugarumque veris vocibus docebatur fortia facta nostrorum, fœdas suorum strages, et elephantos, quot numquam rex antè meminerat, interfectos.—S.-M.
VI.