[638] Civilem nomine recturum Britannias pro præfectis ad se poposcerat mitti, virum acrioris ingenii, sed justi tenacem et recti. Amm. Marc. l. 27, c. 8.—S.-M.

[639] Ou plutôt jusque dans leurs marais, comme le dit Pacatus, le panégyriste de son fils, c. 5: redactum ad paludes suas Scotum loquar. Euménius, dans son panégyrique de Constantin, c. 7, parle aussi des marais et des forêts des Calédoniens et des autres Pictes, Dicalidonum aliorumque Pictorum silvas et paludes.—S.-M.

[640] Cet quatre provinces s'appelaient Maxima Cæsariensis, Flavia Cæsariensis, Britannia prima et secunda.—S.-M.

[641] C'est ce que nous apprend la Notice de l'empire, rédigée sous le règne de Théodose le jeune. Ces cinq provinces obéissaient à un officier supérieur, vicaire du préfet du prétoire, qui résidait dans les Gaules.—S.-M.

XIX.

Conspiration de Valentinus étouffée.

Amm. l. 28, c. 3.

[Hieron. chron.]

Zos. l. 4, c. 12.

Le cours de cette expédition fut traversé par une conspiration, qui aurait déconcerté tous les projets d'un capitaine moins actif et moins prudent. Un Pannonien[642] nommé Valentinus, beau-frère de Maximin que nous verrons bientôt vicaire de Rome et préfet du prétoire, avait été condamné pour crime, et relégué dans la Grande-Bretagne. Cet homme, superbe et turbulent, résolut de s'emparer de la province et d'y prendre le titre d'empereur[643]. Il était surtout animé contre Théodose, qu'il croyait le seul capable de faire échouer ses pernicieux desseins. Il avait déja gagné les autres exilés et un assez grand nombre de soldats, lorsque Théodose en fut averti. Ce général prompt et intrépide, s'étant aussitôt saisi de Valentinus et de ses plus zélés partisans, les livra entre les mains de Dulcitius pour les faire mourir; mais par un trait de prudence il défendit de les appliquer à la question, de crainte de donner l'alarme aux autres conjurés, et de faire éclater le complot, que le supplice des chefs ne manquerait pas d'étouffer. On avait établi depuis longtemps, dans la Grande-Bretagne, ainsi que dans le reste de l'empire, des stationnaires[644], chargés de veiller sur les mouvements des Barbares, et d'en avertir les généraux romains. Ils furent convaincus d'avoir, par une trahison criminelle, servi d'espions aux ennemis, qui leur faisaient part de leur butin. Théodose chassa tous ces surveillants perfides, et laissa aux habitants le soin d'informer eux-mêmes les commandants des sujets de leurs alarmes.