[776] Moïse de Khoren attribue à l'empereur Théodose la délivrance de l'Arménie; il est évident que c'est une erreur de cet historien; le témoignage détaillé d'Ammien Marcellin ne peut pas laisser la moindre incertitude sur ce point. Faustus de Byzance ne donne pas le nom de l'empereur; il se contente de le désigner par sa dignité.—S.-M.
[777] Le nom de ce général est très-altéré dans les auteurs Arméniens. Moïse de Khoren (l. 3, c. 37) l'appelle Atté ou Addé. Dans Faustus de Byzance (l. 5, c. 1 et passim), il est nommé Até ou Adé.—S.-M.
[778] Quas ob causas ad eas regiones Arinthæus cum exercitu mittitur comes, suppetias laturus Armeniis, si eos exagitare procinctu gemino tentaverint Persæ. Amm. Marc. l. 27, c. 12.—S.-M.
[779] Ce canton était dans la haute Arménie, sur la rive droite de l'Euphrate. Plusieurs forts situés à la gauche de ce fleuve, entre autres celui d'Ani, qui porte à présent le nom de Kamakh, en dépendaient aussi. Voyez mes Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, t. 1, p. 72 et 73.—S.-M.
[780] Ce fort s'appelait aussi Taronkh. Son nom s'altérait encore de plusieurs autres façons, peu différentes les unes des autres. Voyez au sujet de ce canton et de cette forteresse mes Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, t. 1. p. 108 et 333, et t. 2, p. 461.—S.-M.
LXV.
[Les Arméniens entrent en Perse.]
[Faust. Byz. l. 5, c. 1 et 2.]
—[L'Arménie était à peine délivrée, que déja le connétable se disposait à fondre sur le territoire persan, pour y demander vengeance des longs malheurs de sa patrie, et de ses injures personnelles. Tout était prévu pour que cette entreprise réussît; les troupes arméniennes réorganisées, les places en état de défense, laissaient Mouschegh libre de se porter à la tête d'un corps d'élite de quarante mille hommes, sur les frontières de l'Atropatène, pour y observer les mouvements du roi de Perse. Ce prince était alors à Tauriz[781], et il y concertait avec Méroujan les moyens de rentrer en Arménie. Le connétable, instruit à temps de son dessein, résolut de le prévenir; il se précipite aussitôt sur l'Atropatène, où il attaque les Persans à l'improviste: ceux-ci ne purent se défendre avec avantage; surpris de la brusque irruption des Arméniens, ils leur cédèrent sans résistance le champ de bataille, et laissèrent entre les mains du vainqueur, la reine, femme de Sapor[782], un grand nombre d'autres princesses, et beaucoup d'officiers et de généraux[783]. Mouschegh fit encore écorcher vifs ces derniers, et il envoya à son souverain, leurs peaux garnies de paille: quant à la reine et aux autres captives, il les traita avec les plus grands égards, défendit qu'on se permît envers elles la moindre insulte; puis il leur donna la liberté, et les renvoya avec honneur auprès de Sapor. Le roi de Perse fut aussi touché de la noblesse de ce procédé, qu'il était étonné et effrayé de la valeur du prince mamigonien. Les seigneurs arméniens ne furent pas aussi charmés de cet acte de générosité; ils ne croyaient pas, qu'on dût avoir tant de ménagements pour un prince si barbare envers les Arméniens, et qui les avait tous si cruellement outragé. Ils en firent long-temps de vifs reproches à Mouschegh, ils inspirèrent même au roi des soupçons contre lui à ce sujet; et ce fut plus tard un des motifs, que ses ennemis employèrent pour le perdre. Le butin que le connétable fit en cette occasion fut immense, il suffit pour enrichir tous les siens; il put même en abandonner une grande partie, qui fut distribué entre les soldats romains, et les guerriers qui étaient restés dans l'intérieur du pays auprès de leur roi.
[781] Voyez ci-devant p. 278, not. 4, liv. XVII, § 5.—S.-M.