Greg. Naz. or. 20, t. 1, p. 348 et 349.
Philost. l. 9, c. 11.
Ce fut un malheur pour Valens de trouver dans le préfet du prétoire, non pas une ame généreuse qui sût opposer de sages remontrances à des ordres injustes et cruels, mais un cœur impitoyable, prêt à sacrifier la vie des innocents et l'honneur même de son maître. Tel était Modestus, comte d'Orient sous Constance[817]; il s'était prêté à l'humeur sanguinaire de ce prince dans la recherche d'une conjuration chimérique. On voulut le rendre suspect à Julien; mais ce politique sans religion, qui n'adorait que la fortune, gagna bientôt les bonnes graces du nouvel empereur en sacrifiant aux idoles; il obtint pour récompense la préfecture de Constantinople[818]. Arien zélé sous Valens, il fut une seconde fois revêtu de la même charge; et Auxonius étant mort, il lui succéda dans celle de préfet du prétoire. Il sut se conserver dans cette dignité jusqu'à la mort de l'empereur par ses basses complaisances. Il admirait sans cesse les vertus que ce prince n'avait pas, et flattait les vices qu'il avait. Valens était paresseux et ennemi des affaires; mais le sentiment de ses devoirs se réveillant quelquefois dans son cœur, il se proposait de les remplir, et de rendre la justice à ses sujets. Alors tout le palais prenait l'alarme; les eunuques se croyaient en grand péril: sous les yeux de l'empereur l'innocence allait respirer, et leur licence allait être enchaînée; tous se réunissaient pour détourner Valens d'un dessein si dangereux. Modestus, qui rampait devant les eunuques, s'empressait de lui faire entendre que la majesté impériale ne pouvait, sans s'avilir, descendre jusqu'à des objets de si peu d'importance[819]. Il débitait ces belles maximes avec une apparence de zèle et d'intérêt pour la gloire de son maître. Comme il avait affaire à un esprit grossier, sans principes et sans étude, aidé de la paresse naturelle à Valens, il lui persuada tout ce qu'il voulut[820]; et l'administration de la justice, abandonnée à des ames vénales qui ne craignaient plus que les regards du souverain, devint un brigandage.
[817] En 359. Il se nommait Domitius Modestus. Il existe beaucoup de lettres qui lui furent adressées par S. Basile et par Libanius.—S.-M.
[818] Il occupa même deux fois cette place.—S.-M.
[819] Ob hæc et similia concordi consensu dehortantibus multis, maximeque Modesto præfecto prætorio regiorum arbitrio spadonum exposito,.......... adserente quòd infra imperiale columen causarum essent minutiæ privatarum. Amm. Marc. l. 30, c. 4.—S.-M.
[820] Obumbratis blanditiarum concinnitatibus cavillando Valentem sub-rusticum hominem sibi variè commulcebat, horridula ejus verba et rudia flosculos Tullianos appellans, et ad extollendam ejus vanitiem sidera quoque, si jussisset, exhiberi posse promittens. Amm. Marc. l. 29, c. 1.—S.-M.
VI.
Elévation de Maximin.
Amm. l. 28, c. 1 et ibi Vales.