Julien persiste dans son dessein.
Amm. l. 23, c. 2.
Socr. l. 3, c. 21.
[Zos. l. 3, c. 25.]
Julien esclave de la superstition, quand elle s'accordait avec ses caprices, osait s'en affranchir lorsqu'elle venait à les contredire. Il persista dans son dessein malgré ses dieux. Il se flattait, dit Socrate, d'avoir l'ame d'Alexandre-le-Grand: chimère puisée dans la doctrine de Pythagore et de Platon, et entretenue dans son esprit par les philosophes de cour, la plus bizarre espèce de flatteurs. Comme un autre Alexandre il se croyait né pour la conquête de l'Orient. Il savait que les Perses ne pouvaient résister au froid, et que l'hiver leur ôtait une grande partie de leur force et de leur courage: c'était un proverbe, qu'un Perse n'osait en hiver montrer sa main hors de sa casaque[51]. Le soldat romain, au contraire, affrontait toutes les saisons. Julien résolut donc de ne pas attendre les chaleurs. Plusieurs nations venaient lui offrir leurs services. Il répondit à leurs ambassadeurs, que c'était aux Romains à défendre leurs alliés, et non pas à recevoir des secours étrangers. Il prit à sa solde quelques corps auxiliaires des Goths, comme des otages qui lui répondraient de la tranquillité de toute la nation. Il fit sortir des quartiers les troupes cantonnées en-deçà de l'Euphrate, et leur ordonna de l'aller attendre au-delà du fleuve: ce qui fut promptement exécuté. Croyant cependant avoir besoin d'Arsace, roi d'Arménie, il lui manda d'assembler toutes ses troupes, et de se tenir prêt à marcher au premier ordre[52].
[51] Ἀλλ' οὐδὲ χεῖρα, τὸ τοῦ λόγου, βάλλοι ἂν τότε ἔξω τοῦ φάρους Μῆδος ἀνήρ. Socr. l. 3, c. 21.—S.-M.
[52] Solum Arsacem monuerat Armeniæ regem, ut, collectis copiis validis jubenda opperiretur, quò tendere, quid deberet urgere, properè cogniturus. Amm. Marc., l. 23, c. 2.—S.-M.
XXXI.
[Lettre de Julien.]
[Muratori, anecd. Græca. p. 334.]