[313] C'étaient les Jovii, qu'il faut distinguer des Joviani, et les Victores.—S.-M.

[314] Celui-ci est nommé Maximien par Zosime (l. 3, c. 30.)—S.-M.

[315] Ce fort est appelé Suma, Σοῦμα, par Zosime, l. 3, c. 30. D'Anville croit (l'Euphrate et le Tigre, p. 97) qu'il répond à la ville de Sermanray, appelée aussi Samira par les Arabes, et qui est ruinée depuis long-temps. L'une et l'autre étaient, il est vrai, sur les bords du Tigre, du côté de l'orient; mais il faut observer que la position indiquée pour la dernière est trop méridionale pour que l'on puisse croire qu'elle réponde au fort Sumere d'Ammien Marcellin. Ce qui doit encore faire entièrement rejeter cette identité, c'est la fondation moderne de Samira. L'apparente conformité de nom qui a seule déterminé d'Anville est tout-à-fait accidentelle; car ce nom moderne n'est qu'une contraction très-moderne elle-même de Serra-man-rai, c'est-à-dire en arabe, il réjouit quiconque le voit, nom qui fut donné à ce lieu par le khalife Motasem, son fondateur, qui en avait fait une maison de plaisance comme son nom l'indique. Ce khalife mourut en l'an 842.—S.-M.

VII.

Continuation de la marche.

Le lendemain on campa dans un vallon si serré, que les flancs des deux collines qui le bordaient à droite et à gauche, servaient de murailles. On ferma d'une forte palissade l'entrée et la sortie[316]. Si les Perses avaient su la guerre, les Romains étaient pris comme dans un piége, et leurs palissades auraient servi de barrière pour les enfermer. Mais les Perses se contentèrent de lancer d'en haut des traits, et d'accabler les Romains d'injures, les appelant des perfides, des meurtriers de leur prince[317]. Un gros de leur cavalerie força la palissade, pénétra dans le camp jusqu'auprès de la tente de l'empereur[318], et ne fut repoussé qu'avec peine après qu'on en eut tué et blessé un grand nombre. Le jour suivant on continua la marche sans inquiétude, parce que le terrain n'était pas praticable à une cavalerie pesamment armée, telle que celle des Perses. On s'arrêta sur le soir en un lieu nommé Charca[319]. Le premier de juillet, après avoir fait environ une lieue et demie[320] de chemin, on se trouva près d'une ville appelée Dura[321], comme celle dont on avait rencontré les ruines sur les bords de l'Euphrate. Les bêtes de somme étant fatiguées, leurs conducteurs marchaient à pied à la queue de l'armée; lorsqu'ils se virent tout à coup environnés d'une troupe de Sarrasins, qui les auraient taillés en pièces, si la cavalerie légère ne fût promptement accourue au secours. Ces Barbares, autrefois alliés de l'empire, s'étaient joints aux Perses, parce que Julien avait supprimé les pensions qu'on leur avait payées sous les empereurs précédents: et sur les plaintes qu'ils en étaient venu faire, il leur avait répondu qu'un empereur guerrier n'avait que du fer et non pas de l'or[322]. On passa quelques jours[323] en ce lieu sans pouvoir avancer. Dès que les troupes se mettaient en marche, les Perses, les harcelant de toutes parts, les obligeaient de faire halte: dès qu'elles s'arrêtaient pour combattre, ils reculaient peu à peu; et avant qu'on pût les atteindre ils prenaient la fuite[324].

[316] Secuto deinde die, pro captu locorum reperta in valle castra pοnuntur, velut murali ambitu circumclausa, præter unum exitum eumdemque patentem, undique in modum mucronum præacutis sudibus fixis. Amm. Marc. l. 25, c. 6.—S.-M.

[317] C'est Ammien Marcellin qui rapporte ces singulières injures, ac verbis turpibus, dit-il, l. 25, c. 6, incessebant, ut perfidos et lectissimi principis peremptores. Ces injures, qui n'avaient aucun fondement, venaient à ce que rapporte encore le même auteur, d'un bruit vague répandu par quelques transfuges, que Julien avait péri par le fer d'un Romain: Audierant enim ipsi quoque referentibus transfugis, rumore jactato incerto, Julianum telo cecidisse romano. Malgré le peu de fondement d'une telle imputation, on voit qu'elle fut adoptée par Libanius, que son amitié pour Julien ne rendait pas difficile sur le choix des preuves; il en paraît convaincu (or. 10, t. 2, p. 324). Il faut convenir que la joie un peu scandaleuse des chrétiens, et leurs propos inconsidérés, sur ce qu'ils disaient d'un vengeur suscité par la justice divine, avait pu donner quelque apparence de fondement à des allégations aussi fausses, et les faire accuser par leurs adversaires de la mort du prince qu'ils détestaient.—S.-M.

[318] Ils forcèrent, selon Ammien Marcellin (l. 25, c. 6), la porte prétorienne, portâ perruptâ prætoriâ, propè ipsum tabernaculum principis advenêre.—S.-M.

[319] D'Anville (l'Euphrate et le Tigre, p. 95) pense que ce lieu est la ville appelée par les Syriens Carka ou Beth-Soloce, dans le pays de Garm, les Garamei des anciens sur les bords du Tigre. Cette opinion me paraît assez fondée, elle sera discutée plus au long quand je dresserai la carte de l'expédition de Julien. J'observerai seulement pour le moment que ce nom s'applique à plusieurs localités, ce qui n'est pas étonnant, puisqu'en syriaque il signifie ville. Ammien Marcellin remarque que l'armée n'eut rien à redouter des attaques des Perses, parce que les levées de terre qui y avaient été faites pour protéger l'Assyrie contre les ravages des Sarrasins, étaient détruites. Ideò tuti, dit-il, l. 25, c. 6, quod riparum aggeribus humanâ manu destructis, ne Saraceni deinceps Assyriam persultarent, nostrorum agmina nullis ut antè vexabat.—S.-M.