Aug. serm. 62. t. 5. p. 364 et serm. 105. p. 547.
Prud. in Sym. l. 1.
Zos. l. 4. c. 59.
Suid. Θεοδόσιος.
Grut. inscr. p. 285. nº 8 et 286. nº 5.
Mais Théodose méditait depuis long-temps une entreprise bien plus importante et plus difficile. C'était la destruction de l'idolâtrie. Il était réservé à ce prince et à ses enfants de consommer ce grand ouvrage, et d'accomplir dans toute l'étendue de l'empire ces oracles fameux qui, tant de siècles auparavant, avaient annoncé la chute des idoles. Rome était déja remplie de chrétiens; ils composaient la plus grande partie du peuple et même du sénat; mais les sacrifices abolis dans plusieurs provinces, s'étaient jusqu'alors maintenus dans Rome. Symmaque les soutenait encore par son éloquence, par son crédit, par une réputation éclatante de probité et de vertu. Albinus, préfet de Rome, qui avait succédé dans cette charge à l'historien Aurélius Victor, avait aussi une grande autorité; et quoiqu'il eût deux filles Læta[695] et Albina[696], qui sont devenues célèbres dans l'Église par leur piété, il était considéré comme un des principaux chefs de la religion payenne. La superbe architecture des temples, la richesse de leurs ornements, la beauté des statues des divinités sorties de la main des plus célèbres ouvriers de l'ancienne Grèce, en un mot, tout le brillant appareil de la superstition attachait le peuple, dont l'esprit se laisse aisément séduire par les yeux. On préférait à une religion sérieuse et toute spirituelle un culte qui respirait la joie et les plaisirs. Les fêtes introduisaient les divertissements, souvent même les dissolutions; les cérémonies les plus augustes étaient égayées de danses, de festins et de spectacles.
[695] Elle fut mariée au sénateur Toxotius, père de sainte Paule. Voyez tom. 3, pag. 399, not. 1, liv. XVIII, § 8. S. Jérôme lui dit dans une lettre (ep. 107, tom. 1, pag. 671), Tu es nata de impari matrimonio: de te et Toxotio meo Paula generata est. Quis hoc crederet, ut Albini pontificis neptis de repromissione matris nasceretur: ut præsente et gaudente avo, parvulæ adhuc lingua balbutiens Christi alleluia resonaret, et virginem dei in suo gremio senex nutriret?—S.-M.
[696] Mère de sainte Mélanie la jeune.—S.-M.
VII.
Plusieurs sénateurs s'obstinent en faveur de l'idolâtrie.