ET L'ENFANT

NEUVIÈME ÉDITION

nrf

PARIS
ÉDITIONS DE LA
NOUVELLE REVUE FRANÇAISE
35 & 37, RUE MADAME 1918


La Mère et l'Enfant n'a jamais jusqu'ici été publié entièrement en volume; des extraits en avaient paru, du vivant de l'auteur, dans différentes revues, et une importante portion de l'ouvrage avait été imprimée à part en une plaquette aujourd'hui épuisée[1].


CHAPITRE PREMIER

Un enfant naît un soir, rouge et bouffi, désordonné comme un morceau de chaos. C'est quelque chose de semblable à un nouveau meuble qu'on apporte à la maison et qu'il faut observer et polir pendant longtemps avant de lui donner un air familial. C'est surtout quelque chose de semblable à une petite bête mal élevée qui ne sait pas faire un usage convenable de ses pieds, de ses mains et des organes de son corps. Papa, maman, observez bien, polissez bien le petit objet, parce qu'il faut, un jour, que son image soit gravée dans votre mémoire et que sa vie soit pareille à votre vie; dressez bien le petit animal, parce qu'il faut, un jour, qu'il sache marcher et se tenir comme un beau petit bonhomme civilisé.