LIVRE I

ÉMANCIPATION ÉLECTORALE DE LA FEMME


CHAPITRE I

Pourquoi la femme serait-elle exclue des prérogatives de la puissance virile

SOMMAIRE

I.--Théorie surannée de l'«office viril».--Ses origines et ses motifs.

II.--Le témoignage de la femme.--Droit ancien, droit nouveau.

III.--La femme tutrice.--Extension désirable de sa capacité actuelle.

IV.--Droit accordé aux commerçantes d'élire les juges des tribunaux de commerce.--Sa raison d'être.

V.--Droit revendiqué par les patronnes et les ouvrières de participer a la formation des conseils de prud'hommes.--Scrupules inadmissibles.

C'est un fait d'expérience que l'émancipation économique entraîne tôt ou tard l'émancipation politique. Une fois en possession d'un rôle social plus libre et plus actif, la femme ne manquera point de réclamer sa part des prérogatives électorales. Déjà même le féminisme la revendique pour elle. A ses assises internationales de 1900, la Gauche féministe, excluant toute mesure transitoire susceptible d'affaiblir la portée de sa manifestation, a voté, par acclamation unanime, la déclaration suivante: «Le Congrès émet le voeu que les droits civils, civiques et politiques soient égaux pour les deux sexes [2]