C'était la seule aumône dont il ne se montrât point avare.

Et il invitait par fournées les électeurs à son château, car il en avait un.

A la vérité, cette résidence n'a aucune prétention à rivaliser avec Chambord ou Chenonceaux.

C'est une assez vaste masure, située à l'entrée d'un village indigent, au milieu de pâturages maigres et dans un site dépourvu de poésie.

L'ancien marchand de bois avait acheté la ferme qui accompagne cette bicoque délabrée, à vil prix, et rafistolé les bâtiments tant bien que mal.

Là, il tenait en réserve d'abondantes provisions de piquettes du Midi qu'il versait libéralement à ses visiteurs en décorant ce breuvage du nom des vignobles les plus honorables.

C'est la foi qui sauve.

Non pas que les Normands des confins du Perche soient sans finesse. Leur réputation est faite, mais le père Mahirel était plus fin que les autres. Il débitait avec un aplomb imperturbable de si colossales bourdes qu'on s'y laissait prendre.

Très actif, remuant comme une peuplade de fourmis, et sur pied dès l'aurore, on le rencontrait aux foires, aux marchés populeux, à tous les bouts de champ, sur les routes, le long des chemins vicinaux ou de traverse, causant aux laboureurs, aux cantonniers, aux bergers, aux facteurs, aux gendarmes, gardiens de l'ordre public en tournée, et même aux mendiants, ne négligeant personne et réalisant cette condition que les savants déclarent irréalisable: l'ubiquité.

Sa guimbarde crottée, dont la splendeur n'offusquait personne, était connue d'un bout à l'autre de l'arrondissement.