S'il ne pouvait lui offrir d'armoiries et si, en sa compagnie, elle perdait le droit de broder des couronnes sur ses mouchoirs, du moins il puisait, sans observations, les billets de banque par liasses dans la caisse paternelle dont on ne craignait pas la ruine.

Angèle put avoir une femme de chambre et vivre chez elle à sa guise.

Le jeune M. Saller lui donnait quinze cents francs par mois et ne se montrait pas exigeant.

D'ailleurs il eût été autoritaire en pure perte.

Inutile d'essayer de réduire cette fantasque fille à une obéissance quelconque.

Elle ne faisait que ce qu'elle voulait, disparaissait au moment où on y pensait le moins et pour toute explication se contentait de jeter à la tête de sa camériste ou de son banquier cette explication:

—Je vais chez ma tante.

Il fallait s'en contenter.

Elle revenait quand c'était sa fantaisie.

Du reste, pleine d'esprit et de gaieté, riant toujours, entraînante et folâtre. La séduction en chair et en os.