Insouciante, sûre de l'effet qu'elle voulait produire, elle attendait en jouant avec une branche de sureau qu'elle venait de casser.
Ils se taisaient.
Dans le lointain, on entendait, du côté du château, les notes envolées du piano, claires dans le silence de la nuit qui s'épaississait et du côté des bois, des cris d'oiseaux nocturnes qui s'éveillaient au moment où la nature allait s'endormir.
Elle se dirigeait lentement vers le village.
—Il est temps de rentrer, dit-elle; dans un moment on n'y verra plus et...
Il lui mit la main sur la bouche, pour retenir sur ses lèvres ce mot qui en sortait: Adieu.
—Ne partez pas, dit-il. J'étais si heureux de vous contempler à mon aise. Cette heure est la plus délicieuse de ma vie. Ne me quittez pas encore. Pourquoi troubler ce bonheur que j'éprouve auprès de vous? La belle nuit! Et quels souvenirs elle me laissera!
—Vous êtes sentimental, fit-elle en minaudant.
—Je ne sais pas, répliqua-t-il, je vous aime.
—Déjà!