Ainsi fut annulée cette manœuvre de la dernière heure.
Dans toute élection qui se respecte, il y a une manœuvre de la dernière heure.
Autrement la fête ne serait pas complète.
Chazolles avait déployé une activité dévorante.
Depuis la rentrée d'Angèle à Paris, il n'avait pas laissé passer trois ou quatre jours sans s'échapper vingt-quatre heures pour visiter son adorée dans le boudoir où elle l'attendait, grâce aux dépêches qui le précédaient comme des courriers ailés.
Dans ce frais appartement qu'il lui avait donné, il s'enivrait de l'amour élégant, neuf pour lui, libre dans ses caresses, ravivé par la science, habilement déguisée sous certaines minauderies ingénues, de cette fille qui l'irritait et l'énervait en l'amusant de ses saillies et de son esprit faubourien et primesautier.
Lorsqu'il revenait au Val-Dieu et que sa femme le revoyait plus empressé auprès d'elle, plus tendre pour ses enfants, elle ne lui demandait même pas les causes de ses absences et il se taisait, dans son horreur du mensonge et de la duplicité.
Le dimanche matin, la bataille cessa entre les adversaires.
Désormais, c'était au jury des électeurs à rendre son verdict.
Duvernet avait merveilleusement organisé le service.