La guerre se faisait donc en douceur et ne dépassait point les convenances.
Duvernet, d'autre part, était là pour le coup de feu de la fin, défendait son ami des ongles et du bec, de la parole et de la plume, et ripostait vertement.
Ce fut surtout à la veille du scrutin que la querelle s'envenima.
Les presses étaient réquisitionnées et ne manquèrent pas de besogne.
Le légiste usait ses dernières cartouches et mitraillait l'ennemi de son mieux.
Alors qu'il pensait que Chazolles avait désarmé, comme les troupes qui trempent la soupe après le dernier coup de canon, des afficheurs en manteaux couleur de murailles, se glissèrent dans l'ombre et collèrent aux portes mêmes de Chazolles, sur son territoire, des pancartes dans lesquelles on accusait le Val-Dieu d'être un foyer de conspiration contre les institutions et l'ordre de choses établi.
Mais Duvernet veillait par bonheur et sa vigilance n'était pas facile à mettre en défaut.
Les typographes amis vinrent à l'aide et dans de monstrueuses affiches de toutes couleurs mirent à néant cette coupable insinuation en en démontrant l'inanité.
Les percherons du châtelain emportèrent aux quatre coins du pays cette riposte sans réplique possible à cause du temps qui manquait, et Duvernet put dire à son ami:
—Enfin, nous avons le dernier!