—Viens nous montrer tes bêtes, Maurice, reprit la jeune fille.
Et commandant avec un geste impérieux le départ, elle fit signe aux deux petites, qui mettaient sur leurs têtes de grands chapeaux de paille grossière, d'ouvrir la marche.
—En avant, les poupées!
Le cortège traversa les allées du parc, sous les arceaux de verdure des charmilles, où les disciples de saint Bernard ont jadis promené leurs méditations.
Le ciel était d'une sérénité merveilleuse.
Des myriades d'hirondelles volaient dans l'air à ces hauteurs prodigieuses qui indiquent une série de beaux jours. Elles avaient suspendu leurs nids en guirlandes aux fenêtres romanes des communs, sous les feuillages des glycines et des lierres d'où on se serait fait un crime de déloger ces hôtes accoutumés qui reviennent à chaque printemps établir leurs familles au même lieu, comme si le Val-Dieu était pour eux une maison de campagne hospitalière et sûre.
Dans les gazons, les corbeilles de verveines, de géraniums ou d'héliotropes étalaient leurs couleurs joyeuses.
Les arbres résineux mêlaient leurs feuillages sombres aux verdures plus tendres des platanes, ou des bouleaux au tronc argenté.
C'était un véritable paradis terrestre où on ne pouvait éprouver une minute d'ennui, à la condition d'avoir auprès de soi une Ève complaisante qui sût animer ce paysage vraiment grandiose.
Hélène soupira.