Il régnait une animation extrême dans l'enceinte réservée.

Les bookmakers criaient les cotes. Les parieurs se pressaient aux estrades, prenant les chevaux qui leur paraissaient avoir des chances. Les femmes à la mode affichaient les toilettes les plus extravagantes tandis que les piqueurs promenaient en main les chevaux qui allaient courir ou qui venaient de quitter la piste.

Bientôt, pendant que les deux amis se promenaient dans la foule en se tenant le bras, un landau sans escorte pénétra dans le pesage et s'arrêta à la porte de la tribune présidentielle.

Un vieux monsieur, enveloppé dans un pardessus gris, à la figure impassible, blanche et ridée, en descendit appuyé sur un homme plus jeune que lui, solide encore, à la moustache poivre et sel, et de tournure militaire.

Chazolles et son ami s'étaient trouvés pris dans la foule des curieux qui se groupaient autour du landau.

Le regard terne et morne du vieux monsieur tomba sur le député du Havre auquel il adressa un pâle sourire presque imperceptible.

Et d'un geste amical il lui fit signe d'approcher.

Duvernet quitta le bras de Maurice et obéissant à cette invitation, disparut avec le vieux monsieur dans l'escalier de la tribune d'honneur, pendant que le landau allait se ranger au fond du pesage.

Chazolles resta seul.

Il errait au milieu des groupes, ennuyé, mécontent.