Elle remit sa toque sur sa tête, et descendit l'escalier quatre à quatre, avec une légèreté d'oiseau.

Elle s'était enfuie des courses au moment de la querelle du duc et de Chazolles et s'était jetée dans un fiacre en disant au cocher:

—A Paris.

D'abord elle voulait rentrer chez elle.

Mais elle eut peur de son amant. Il lui avait lancé des regards si farouches qu'elle en tremblait malgré son intrépidité difficile à ébranler. A la rue de Londres, le duc serait venu la relancer. Alors elle songea au baron Germain qui allait être enchanté de la recevoir et de la dérober, pendant le premier moment, à la colère de cet hercule normand qui d'un revers de main envoyait les gens sur le dos à quinze pas dans la poussière. Mais le baron ne rentrait guère que vers les trois heures du matin et lui avait donné rendez-vous au Café Anglais. D'autre part ce serait répandre dans la maison le bruit de son incartade avec le locataire de l'entresol.

Elle était donc venue se réfugier tout droit rue du Cygne, dans le giron de sa tante.

C'était encore le parti le plus sage.

Au bureau du télégraphe, elle prit une carte fermée et écrivit ce qui suit:

«Mon cher baron,

«Il me tombe un cousin de Normandie sur les bras. Impossible de souper ce soir. C'est partie remise. Choses promises sont dues et je suis une honnête femme... comme vous les voulez.