L'épée, le lendemain, sept heures du matin, dans le jardin de Kergor à Auteuil, un lieu commode pour ferrailler où personne ne dérangerait les combattants.

Le jeune duc, en tête à tête avec son professeur, expliqua ses vues.

Il avait reçu une injure grave.

Un butor, député de province, l'avait irrespectueusement lancé d'une bourrade de brute, entre les pattes d'une haridelle, devant témoins, au pesage des courses.

Il ne pourrait plus se montrer en public après un pareil outrage, s'il ne le lavait dans le sang de ce pataud, auquel il voulait apprendre à vivre en l'envoyant dans l'autre monde. Il lui fallait un coup qui fît honneur à son maître dans l'art noble de l'escrime.

—Vous ne voulez pas tuer votre homme? dit Georges Reboul, débonnaire comme les gens vraiment forts.

—Non sans doute, fit le duc irrésolu; pourtant ce grossier personnage mérite une correction.

—Vous la lui donnerez aisément, je présume, monsieur le duc. Les campagnards connaissent mieux la charrue que l'épée.

—Qui sait?

—Vous n'aurez en tout cas pas de peine à vous défendre. Voulez-vous que nous répétions quelques coups?