—C'est dans ce but que je vous ai prié de venir.
Les deux hommes passèrent dans une salle basse autour de laquelle des fleurets, des masques, des plastrons et quelques épées de combat étaient accrochés.
Pendant une heure ils s'escrimèrent avec entrain.
Le duc était une fine lame, plus dangereuse qu'on n'aurait pu le supposer, à le voir débile et fluet.
Il avait de la tenue, du poignet et une bonne vitesse.
—Je suis content de vous, dit Reboul; je crois que nous pouvons dormir en paix. Vous serez encore de ce monde demain soir et je voudrais en dire autant de votre adversaire. Bonsoir, monsieur le duc.
Cette précaution prise, Charnay monta en voiture et se fit conduire au cercle, où il joua et gagna une centaine de louis en quelques instants, puis chez Bignon, où il dîna avec appétit. De là, il rentra pour dormir et apaiser ses nerfs surexcités par la scène des courses et surtout par l'effort auquel il se livrait pour paraître aussi insouciant qu'un spleenétique Anglais qui va se suicider.
Duvernet était plus agité que les deux ennemis.
Cette aventure pouvait causer un éclat fâcheux et compromettre son succès. Il avait hâte de la voir terminée.
Dès cinq heures il était sur pied.