»P.-S.—Il paraît que tu es devenu ministre depuis ces derniers événements. Sans doute, tu ne me trouveras plus assez belle pour être ta maîtresse.
»Pourtant, je serai tout ce que tu voudras, ton esclave, ta servante; tu peux me commander ce qui te passera par la tête! Je suis à toi, entends-tu, toute à toi, et tant que tu daigneras me garder. Viens.
»A. M.»
Chazolles fut réconforté du coup.
Il respirait à pleins poumons; le ciel, qui était gris, lui semblait aussi radieux que le firmament de Naples ou d'Alger; les passants lui produisaient l'effet d'habitants de Lilliput. Depuis qu'il tenait dans ses mains cette bienheureuse lettre, il avait grandi étonnamment. Sa tête était pour le moins à la hauteur des corniches d'un premier étage.
Il ne pesait pas plus à terre que s'il avait eu des ailes.
La vue du factionnaire aux portes de l'Élysée le rappela aux banales réalités de la vie.
Il traversa la cour du palais, la tête haute, et les gens de service purent croire qu'il était, comme beaucoup d'autres, enflé de son élévation aux honneurs.
Il n'en était rien pourtant.
C'est à peine si son portefeuille comptait dans son existence.