Hélène répondait à son mari des lettres de quatre pages pleines de détails sur les enfants, la ferme, le troupeau de moutons, la vacherie, les animaux de toute sorte, cette famille agricole à laquelle il était autrefois si attaché.

Elle s'effaçait, ne parlant jamais d'elle et terminant par un baiser que les petites envoyaient à leur père.

Souvent au-dessous de la signature, Marthe et Thérèse ajoutaient deux mots de tendresses, quelquefois un reproche:

—C'est ennuyeux, père, que tu sois ministre. Quand reviendras-tu? On est si bien ici.

Ce n'était pas le ministère qui retenait Maurice.

Avec une extrême facilité, il s'était mis au courant de ses affaires.

Le brillant élève du lycée s'était retrouvé. Il avait étudié à fond toutes les questions économiques intéressant la campagne dans son manoir du Val-Dieu. En quelques jours, ses chefs de bureau n'avaient eu rien à lui apprendre sur la routine de son administration.

Le matin, il recevait tous ceux qui voulaient lui parler, les gagnant par son affabilité.

Ensuite, il allait déjeuner avec Duvernet, et ne remettait plus les pieds au ministère.

—A quoi bon? disait-il à son ami. Mon budget est à peine suffisant pour les dépenses traditionnelles. Les employés le dévorent comme une légion de rats, et il ne me reste à distribuer que de bonnes paroles.