—Tiens, c'est vous, madame Pivent, dit l'autre. Déjà finie la journée!

—Ne m'en parlez pas. De cette chaleur, qui commence à devenir dure, on ferme dès qu'on peut.

—Asseyez-vous donc.

—Ne vous dérangez pas, mame Adrien, bredouilla la poissonnière d'une voix enrouée, je vas me servir toute seule.

Elle entra dans la loge, prit un fauteuil et le traîna dans le vestibule.

Puis elle s'y plongea avec un souffle de satisfaction, non sans un craquement inquiétant des membres du siège qu'elle faillit désarticuler.

—Quel silence dans votre turne! dit-elle.

—Il n'y a plus de locataires.

—Je crois bien. Tous à la campagne, des richards. C'est drôle. Je ne me vois pas du tout plantée sous un arbre, les bras croisés! J'aime encore mieux mon banc et mes cuisinières! On cause, on se querelle, on se tiraille, c'est la vie, ça, mame Adrien. Ça va bien? Il y a longtemps que je ne vous ai vue. Je n'aime pas à venir prendre des nouvelles, vous savez bien pourquoi?

—De mademoiselle Angèle?