Cependant au Val-Dieu, malgré l'exiguïté de la paroisse, le mât de cocagne est pourvu de prix de conséquence, et les amateurs de la course en sacs ne perdent pas leurs peines.

Les maîtres de l'abbaye,—on appelle ainsi la maison de Chazolles,—y pourvoient.

Il n'y a pas de commune dans le département où le gagnant de la cible soit aussi magnifiquement récompensé de son adresse et, d'un bout à l'autre de l'arrondissement, la générosité simple et facile du châtelain du Val-Dieu est universellement reconnue.

Vers cinq heures du soir, la fête était dans son éclat.

Le temps était propice. Il avait plu la nuit, une pluie bienfaisante; les ondées rafraîchissent l'herbe et l'empêchent de brûler au soleil, mais la chaleur avait vaporisé la pluie et séché les herbages.

Les gens des Barres et de Crulay étaient arrivés par escouades; ceux de Tourouvre ne manquaient point; Lignerolles rendait visite à son voisin. Les fondeurs de Randonnay serraient la main aux chaufourniers d'Iray, et les gars de Sainte-Anne avaient traversé la forêt pour se trouver au rendez-vous.

Sur le communal, on s'attablait aux cantines improvisées, on écrasait les bancs de bois brut cloués à la diable, et on se rafraîchissait fraternellement, en devisant des choses agricoles.

Dans ces honnêtes cantons, c'est à peu près l'unique sujet de causerie.

A-t-on des pommes ou n'a-t-on pas de pommes?

Les avoines donnent-elles?