Les campagnards aiment cette familiarité.

Quand on les reçoit sèchement, ils disent du logis, si riche qu'il soit: C'est la maison du bon Dieu. On n'y boit ni ne mange.

Chez Maurice Chazolles, on buvait et on mangeait à son aise.

Hélène faisait les honneurs de sa table avec une égale sollicitude aux paysans ou aux richards, et les deux petites, la blonde et la brune, leurs cheveux sur le dos, tendaient gentiment leurs fronts roses aux invités pour leur souhaiter la bienvenue.

Enfin Maurice Chazolles n'est pas fier. Aux champs, on connaît la valeur de ce mot.

C'est instinctif chez lui et l'effet d'une bonté originelle.

Aux foires et marchés, il se mêlait à la foule, causant amicalement aux fermiers, aux éleveurs, aux boutiquiers ses fournisseurs.

Il n'y avait pas jusqu'aux braconniers dont il ne fût respecté, et Dieu sait s'il sont nombreux et indomptables dans ces parages hantés des sangliers, des cerfs et des chevreuils.

Ce soir-là, vêtu de son complet de velours, sa cravate de soie molle et blanche négligemment nouée, un chapeau de paille brune, bossué, crânement posé sur sa tête énergique et douce, d'une expression satisfaite, il allait à travers les groupes, au bras de son ami Duvernet, mis avec la correction d'un député qui aspire aux plus hautes dignités de son pays et se montre amoureux de la forme.

La course en sacs commençait.