Aussi la Gazette de Paris, surtout vers les derniers temps, était-elle devenue d'une lecture très-irritante pour les patriotes, qui ne se faisaient pas faute d'imputer au roi lui-même les paroles souvent imprudentes—il faut en convenir—de De Rozoy. La verte façon avec laquelle il traitait le peuple occasionnait des soubresauts au parti révolutionnaire. «Oh! la vile race, s'écriait-il en parlant de la population parisienne, que celle dont on peut tout faire en la nourrissant de papier, en l'amusant avec une cocarde, en lui donnant des fêtes où l'on crie: Vivent les brigands!»

De Rozoy ne traitait guère mieux l'Assemblée; on en jugera par cette fable d'un très-bel et d'un très-fier accent, où il parle des scélérats du Manége:

L'AIGLE ET LES CHARBONS DE FEU.

Un aigle, un jour, du haut des cieux,

Aperçoit sur l'autel du plus puissant des dieux

Maintes victimes Immolées;

Il s'élance, et de chairs déjà demi-brûlées,

Pour régaler ses petits jouvenceaux,

L'imprudent en son nid emporte des morceaux.

Mais, par hasard, une braise enflammée