Ange-Rose-Farfadet,
Abbé de Pouponville,
Le mignon des Grâces,
La fleur des Beaux-Esprits,
La perle des Petits-Maîtres,
La coqueluche des femmes,
L'élixir de la galanterie,
La quintessence de la gentillesse,
La fine crème des compagnies, etc., etc.
«M. l'abbé de Pouponville était poupon dans tout. Il naquit pouponnement dans une coulisse d'une pouponne de l'Opéra et du céleste chevalier de Muscoloris, seigneur de Pomador, Ambresée et autres lieux. Il annonça ce qu'il devait être. A peine avait-il deux mois, qu'on remarquait déjà dans ses gestes enfantins un bon goût exquis; il tétait si joliment, si mignonnement, que c'était un ravissement pour sa nourrice. S'il pleurait, c'était avec une douceur infinie; s'il criait, c'était une espèce de mélodie cadencée dont le charme délicieux passait jusqu'au cœur. Alors un déluge de pralines et de bonbons de toutes sortes l'inondait de toutes parts; il était choyé, caressé, dorloté, baisé, léché, presque étouffé. Dès l'âge de dix ans, ses qualités précieuses commencèrent à se développer. Quelle vivacité! que d'agréments! quelle bouche pour sourire et mignarder! quels yeux pour languir et brûler! Il fit ses études avec une rapidité incroyable: la lecture d'Angola, des Bijoux indiscrets, du Sopha, des Matines de Cythère et autres livres orthodoxes, lui apprit autant de théologie qu'il en faut pour triompher des cœurs dans les ruelles. Aussi fut-il bientôt en possession de subjuguer toutes les femmes. On ne saurait croire combien un petit collet donne d'accès auprès du sexe. Avec un rabat de la première faiseuse, un teint miraculeux, une voix flûtée, des lèvres d'un incarnat et d'une fraîcheur à faire envie, un assassin placé dans les règles les plus étroites de la mode, quelle vertu aurait pu résister à des armes pareilles?