—En attendant, pour peu que monsieur le chevalier veuille bien se donner la peine de jeter les yeux sur ce miroir, il verra que rien n'est comparable à la richesse de son habit et surtout à la manière dont il est porté.
—Flatteur! dit M. de Pimprenelle en se carrant avec complaisance. Le fait est que je sais donner une tournure aux moindres choses, un déhanché élégant, un dandinement de bon ton, qui… là…—Est-ce que je représente véritablement à tes yeux un petit-maître?
—Mieux que cela, répondit La Brie.
—Tu crois donc que je n'aurai point de peine à éclipser Verval ou le petit Nérigean? Au fait, cet habit me dispensera d'avoir de l'esprit aujourd'hui.—La Brie, tu iras tout de suite prévenir Tonton la danseuse que je soupe ce soir avec elle; je tiens à ce qu'elle me voie sous les armes, cette pauvre petite. En passant, je recruterai quelques amis.—Voyons, j'ai bien tout retenu, n'est-ce pas? Récapitulons. Les airs de du Bousset… tra la, la…—Bien peigné, bien chaussé, qui fait pas de ballets… Je marcherai en sautillant, comme cela.—La boîte ambrée, la voilà.—Qui vous parle à l'oreille… qui fait des ragoûts… qui donne à lire des billets.—Ah! mon Dieu! et moi qui oubliais cet article: qui vous fait lire des poulets qu'il s'écrit souvent à lui-même… étourdi! une idée aussi belle.—La Brie!
—Plaît-il, monsieur le chevalier?
—Tu oubliais le plus important… le poulet!
—Quel poulet?
—Voyons; mets-toi à cette table et prends la plume.
—Monsieur le chevalier va donc dicter?
—Sans doute. Mais la fièvre m'étrangle si je sais quoi m'écrire! Il faudrait quelque chose dans le genre élégiaque et vaporeux. Commençons toujours:—Monsieur le chevalier… non, c'est trop intime.—Mon cher chevalier, c'est plus bienséant.