ELLE. O mon Dieu! que vous ai-je fait, pour que vous m’ayez jetée sous les pas de cet homme!
LUI. Mignonne, allons voir si la rose...
ELLE. Mais vous n’avez donc ni cœur ni dignité? Le premier vagabond venu est au-dessus de vous par les sentiments. Entendez-vous?
LUI. J’entends.
ELLE. Si vous n’étiez que méprisable, mais vous êtes ignoble! On ne se dégrade pas à plaisir, comme vous faites. Vous sentez le vin!
LUI. Forcé de l’avouer.
ELLE. Quand donc m’enverrez-vous la mort? ô mon Dieu!
LUI. Te reste-t-il encore de cet excellent thé de la caravane?
ELLE. Ne me parlez pas! Ne me parlez pas!
LUI. D’abord, vous allez me faire le plaisir d’élever moins la voix. Ensuite, si vous exigez de moi une réponse à peu près sensée, écoutez. J’éprouve sans doute beaucoup de satisfaction à boire de bonnes choses, et en grande quantité, puisque, malgré les indispositions qui en sont le résultat, je recommence tous les jours. J’ai connu le vin avant de vous connaître. Il m’a consolé avant vous. Cessez donc de lutter contre une affection aussi ancienne,—et ne refusez pas de me préparer une tasse de thé, avec un nuage de lait, comme dans le Caprice, de Musset.