L’AMOUREUX. Viens, chère belle; nous avons tant de choses à nous dire.
L’AMOUREUSE. Crois-tu?
UN COQUELICOT, à demi-voix. Mais rougis donc!
L’AMOUREUSE. Ces branches ont failli me déchirer la joue. C’est égal; c’est bien beau la campagne, n’est-ce pas, mon Paul?
L’AMOUREUX. J’aime la campagne!
ENSEMBLE. Nous aimons la campagne, parce qu’on y sent mieux son cœur battre; parce que les aveux y fleurissent naturellement sur les lèvres; parce que les serments sont faits pour être prononcés sous le ciel et dans les parfums!
Nous aimons la campagne, parce que la campagne c’est le désert. (Un bruit semblable à un baiser.)
UN LÉZARD. C’est étonnant; ceux-là ne me font pas fuir.
IV
DES BOURGEOIS, tout en sueur, leurs habits sous le bras, ployant sous des paniers de victuailles.