LE PASSANT. Eh bien, l’Opéra-Comique.
M. X... Très-bien. Une loge, n’est-ce pas? Oui, une loge.
Le passant se retira émerveillé. De son côté, le rédacteur en chef, que cette apparition avait un moment troublé, se rassura, et crut, par cette politesse, s’être débarrassé d’un témoin désagréable. Mais le rédacteur comptait sans la ténacité du bon Samaritain, qui revint à la charge quelques jours après,—et puis encore,—et puis deux ou trois fois dans la même semaine.
Il objectait son goût immodéré pour l’art dramatique.
Ces visites réitérées et qui lui rappelaient un incident trivial finirent par devenir insupportables à M. X..., qui essaya de s’y soustraire. Le bon Samaritain s’en aperçut, et, un jour que le garçon de bureau lui refusait l’entrée du cabinet de la rédaction, il dit à haute voix:
—Annoncez l’homme de la nuit du premier mai!
Cette phrase mélodramatique eut son effet immédiat; il fut introduit auprès de M. X..., et il en obtint quatre fauteuils pour le les Bouffes-Italiens. A l’heure qu’il est, le bon Samaritain est de toutes les premières représentations. Sa place est la meilleure de la salle.
O journalistes égarés, Dieu vous garde du bon Samaritain!