LE CHEVEU.—J’étais un cheveu autrefois; à présent, je ne suis plus qu’un tube capillaire. Et la tête d’Hélène, cette tête digne de tous les hommages et de toutes les adorations, voilà qu’on l’appelle un cuir chevelu. Hélas!

L’ŒIL.—Hélas!

LA DENT.—Hélas!

LE CHEVEU.—A qui m’a-t-on associé, justes dieux! à une natte d’Alsacienne, et à des bandeaux dont j’ignore l’origine!

L’ŒIL.—Maudite soit cette épingle noircie dont on me blesse tous les jours pour m’allonger!

LA DENT.—Maudites soient ces petites limes et ces petites brosses qui me font grincer!

LE CHEVEU.—Et ces pinces d’acier auxquelles je n’ai échappé jusqu’ici que par miracle!

L’ŒIL.—Mon orgueil est vaincu; je sais maintenant comment on pleure.

LA DENT.—La fluxion n’est plus un mot pour moi: je la sens, elle arrive.—Au secours!

LE CHEVEU.—Éloignez ces eaux, ces huiles, tous ces corrosifs sous lesquels je me tords et me consume.—Au secours!