M. MAILLARD. Mademoiselle Thérèse, le quadrille commence. Votre main, s’il vous plaît?

LA ROSIÈRE. C’est juste, monsieur Maillard. (Elle danse.)

SCÈNE VII ET DERNIÈRE

La chambre de la scène première.—La mère, seule, assise sur une chaise et pleurant.

UNE VOIX DU CIEL. Humble femme, il est tard; les bruits s’éteignent dans le village; tu as travaillé toute la journée; tes genoux tremblent de fatigue; la lassitude est peinte sur ton visage; il est tard. Cesse de pleurer, ou plutôt endors-toi dans tes larmes; cherche un apaisement dans le sommeil, pauvre cœur meurtri. Oublie et pardonne; oublie les lâchetés et les ingratitudes; pardonne aux goujats et aux méchants. Endors-toi en priant: tes douleurs cesseront bientôt, et tu seras glorifiée alors pour tout ce que tu auras souffert.—Saintes fleurs du peuple, tristes fronts courbés dans la poussière, Dieu vous voit et vous bénit; il sait vos insomnies en attendant l’époux enivré et brutal; il compte vos supplications au fils détourné et farouche. Vous êtes les âmes naïves, vous êtes les âmes tendres à qui une éternité d’amour est promise. Endors-toi, pauvre mère, endors-toi, et je te ferai voir en rêve la couronne qui t’attend, ainsi que la robe étoilée dont tu seras revêtue le jour où tu monteras au Ciel! (La mère s’endort.)


LA BAGUE


SCÈNE PREMIÈRE

Il est quatre heures de l’après-midi. Le théâtre représente le boudoir de madame de Monbazon, belle femme de quarante ans.