dit Chevalier dans la désolation des filous. Cholières, tome II de ses Contes, applique gripperie au même usage.
La grupée, c'était le produit, le revenant bon de la grippe. On dit dans la comédie de la Passion:
Pour mettre mignons en alaine,
Voici fine espice sucrée,
Et tel y laissera la laine
Qui n'en aura jà la grupée.
On a dit aussi gruper pour, agraffer, et plus souvent pour agripper ou saisir avec les griffes. «Qui sait, dit Rabelais, s'ils useroient de qui pro quo, et en lieu de rominagrobis grupperoient paovre Panurge?»
Les Bretons ont krapa, krafa, gripper, grimper, égratigner; kraf, égratignure; craban, griffe; crib, peigne; criba, peigner; cribin, peigne de fer; crabb, cancre, écrevisse, qui s'est conservé dans le français. Craff est le nom gallois du grappin, du harpon des mariniers.
* [AHALER]. Pousser l'haleine au dehors. Quelques Écrivains ont dit adhaler. Ce mot très-expressif a un autre sens qu'exhaler, et n'a point d'équivalent en français. Haleter donne l'idée d'une respiration forte et pressée. C'est l'anhelare des Latins qui avaient aussi halare et halitus.
Il semble que l'hiatus considérable qu'on remarque dans l'expression proposée, lui donne quelque chose de pittoresque qui n'est pas dans cette dernière Langue.
[AHAN, AHANER]. Ahan représente un grand effort qui ôte presque la faculté de respirer. C'est l'expression du bucheron, des manœuvres pour reprendre leur souffle, et se donner la force nécessaire pour bien porter leur coup. De là on a fait ahaner, travailler avec peine, avec ahan, comme dans ces vers de Dubellay:
De votre doulce haleine
Esventez cette plaine,
Esventez ce séjour,
Cependant que j'ahane
A mon blé que je vanne
En la chaleur du jour.
Ahaner un champ, s'est dit par extension pour, Cultiver une terre difficile.