Et observez que buffe et soufflet ont été faits analogiquement, et d'après le même principe, parce que la joue frappée paraît souffler ou bouffer sous la main qui la comprime.

On a employé buffoi au figuré, pour orgueil et présomption; et en perdant l'expression, nous avons conservé la métaphore. Bouffi de vanité, est une figure d'un usage très-commun.

Bouffon, doit se rapporter à la même racine, suivant Ménage qui, d'après Saumaise, le dérive du bocca infiata des Italiens. Ils appellent encore buffo magro, un maigre bouffon, le mauvais plaisant qui ne les fait pas rire; soit, comme le dit Voltaire, qu'on veuille dans un bouffon un visage rond et une joue rebondie; soit que cette bouffissure des joues, qui est une des bouffonneries les plus triviales des plus grossiers saltinbanques, ait déterminé leur nom générique. Il serait tout au moins difficile d'en donner une autre explication.

[BOUILLIR, BOUILLONNEMENT, BOUILLONNER].

Bouillie, Bouillon, choses que l'on fait bouillir. Ces mots viennent du bruit que fait un liquide échauffé à certain degré. Dans le verbe bouillir, le son radical pur a été conservé aux trois personnes du singulier de l'indicatif présent.

Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines
En vain dans les combats ont des soins diligens;
Mars est comme l'Amour. Ses travaux et ses peines
Veulent de jeunes gens.

Malherbe.

Bulle, mot par lequel on désigne ces petites éminences qui s'élèvent sur l'eau bouillante,

Boule, qui en est une espèce d'homonyme, étendu à des acceptions plus générales,

Bouton, autre terme qui, dans toutes ses acceptions, signifie une éminence ou un corps de la même forme, n'ont probablement pas d'autre étymologie. Le peuple, si riche en expressions pittoresques, se sert du verbe boutonner pour déterminer le premier degré de l'ébullition.