Il y a long-temps que les Glossateurs et les Étymologistes ont reconnu que ces mots étaient faits du son que rend le bois, par exemple, quand on le met en pièces, comme cela se remarquait au brisement des lances dans les tournois. On lit au deuxième livre d'Amadis: «Adonc baissèrent leurs lances, et donnans des esperons à leurs chevaux, coururent l'un contre l'autre de si grande roideur, que leur bois vola en esclats».

Les Grecs ont dit klao pour frango, et de là, chez les Latins, un éclat de bois s'est quelquefois appelé clasma. Clao signifiait en celtique une espèce de ferrement, et le bruit qu'il rendait sous le marteau.

Cette racine passant au figuré par catachrèse ou extension, a enrichi nos vocabulaires de beaucoup de termes. Elle a fourni aux Langues gothiques le mot cla ou cala, crier, dont il est facile de suivre les nombreuses dérivations.

Clabaud, qui est composé de ce mot et du latin boare ou baubare, a été pour, chien, et figurément pour, un parleur insupportable.

Clabauder, est encore pris quelquefois en ce sens dans un style très-bas.

Que deviendrai-je, entendant les Libraires
Me clabauder et crier de concert,
Deçà, Monsieur, achetez Boisrobert!

Clamer, qui signifiait nommer à haute voix, appeler avec éclat, est totalement rejeté par notre Langue, qui a cependant conservé tous ses composés. Il était toutefois difficile à remplacer en certaines occasions.

C'est elle qui a tant de pris
Et tant est digne d'estre amée
Qu'el' doit estre rose clamée.

Guillaume de Lorris.

Clameur, Acclamation, et les autres expressions de cette famille n'ont rien perdu dans l'usage. On disait autrefois clamours, comme dans ces vers de Marot: