C'est un secours contre plus d'un tourment,
Il n'en est point qui ne cède aisément
Au doux glouglou que fait une bouteille.

On se rappelle le couplet de Sganarelle dans le Médecin malgré lui:

Qu'ils sont doux,
Bouteille jolie,
Qu'ils sont doux
Vos petits glougloux.
Mais mon sort ferait bien des jaloux,
Si vous étiez toujours remplie!
Ah bouteille ma mie,
Pourquoi, vous videz-vous?

Bilbit amphora, dit Dumarsais; c'est la petite bouteille qui fait glouglou.

[GLOUTON, GLOUTONNERIE]. Un signe presque certain que tel mot est tiré d'un son naturel, c'est sa reproduction dans un grand nombre de Langues. Ainsi, glouton qui s'est dit glous en vieux français, s'est dit glwth en celtique, glout et gloiet en breton, gluto dans la basse latinité, ghiottone en italien, et gluttonous en anglais.

Ces Onomatopées sont formées d'après le bruit que font les alimens, avidement engloutis par un homme affamé, et de là

Engloutir, qui est d'une acception plus noble et plus étendue.

[GORET]. C'est un nom du cochon, fait de son grognement. Gronder, se dit gorren en Langue flamande.

Le cochon s'est d'ailleurs appelé en grec khoïros, en georgien gorri, en latin gorretus, en italien verro. Sur ce dernier mot et sur notre mot veyrat, on se rappellera que l'initiale g s'est souvent confondue avec le v dans les Langues, et que cette différence ne peut constater deux espèces d'étymologie.

En vieux français, la truie se nommait gorrière.