[GRÊLE, GRÊLER]. Un bruit sec, un peu aigre, un peu retentissant qui accompagne la chute de la grêle, a déterminé son nom. Il faudrait pour en douter n'avoir jamais entendu la grêle frapper le verre en glissant, ou rouler sur l'ardoise qui résonne, en la faisant rebondir.
En latin, c'est grando, grandine en italien, granizo en espagnol, grizill en celtique, où de la racine grill se forment, en général, les noms des choses bruyantes.
Gresil, qui se dit d'une petite grêle, fort menue et fort dure, est immédiatement tiré de ce dernier mot.
[GRELOT]. Petite boule creuse en métal où l'on enferme quelques corps durs, et qui fait l'office de sonnette quand on l'agite.
C'est le crotalum des Latins, mais ce n'en est point une contraction, comme on l'a dit. Grelot est un mot factice de la même construction et de la même racine que le Drelin du Malade imaginaire.
Grelotter, qui est l'action de heurter les dents quand on éprouve un grand froid, en a été trivialement formé, parce que ce choc imite celui des petits corps que contient le grelot.
[GRENOUILLE]. Du râlement désagréable et prolongé de cet ovipare, les Latins ont fait rana, ranula, et même ranunculus, qui est employé par Cicéron. Ces mots sont devenus le type de la plupart de ses noms modernes, et entr'autres de celui que nous avons adopté, quoiqu'il en paraisse d'abord plus éloigné qu'aucun autre. Le batracos des Grecs a eu moins de dérivés.
Il ne faut pas omettre que dans quelques-unes de nos provinces les mots rane, raine et rainette se prennent populairement pour grenouille. Or, si l'on pouvait douter que rana fût formé par le procédé imitatif, j'ajouterais une remarque qui me paraît démonstrative; c'est que dans ces mêmes provinces où rainette signifie grenouille, ce mot a un homonyme aussi étranger que lui à notre Langue, et qui se dit de l'instrument qu'on appelle plus régulièrement cresselle. Entre l'une et l'autre de ces expressions, et les bruits dont elles sont tirées, la conformité est si frappante, que je ne crois pas qu'il y ait une identité d'étymologie plus claire et plus authentique.
[GRESILLEMENT, GRESILLER]. On entend par gresillement le pétillement d'un reste de parties grasses, qui se trouvent dans la peau, le vélin, le parchemin que l'on brûle, et le froncement, le racornissement un peu bruyans qui l'accompagnent. Ces mots me paraissent trop bas pour devoir être employés sans nécessité.
[GRIFFE]. De griffe, qui est pris de l'éraillement d'un corps plus ou moins solide, et particulièrement d'une étoffe sous les ongles pointus et recourbés d'un animal, on a composé,