[HENNIR, HENNISSEMENT]. Mots formés du cri des chevaux, et qu'on ne peut prononcer sans se rappeler ces beaux vers de M. Delille:

Plus loin, fier de sa race, et sûr de sa beauté,
S'il entend ou le cor, ou le cri des cavales,
De son sérail nombreux hennissantes rivales,
Du rempart épineux qui borde le vallon,
Indocile, inquiet, le fougueux étalon
S'échappe, et libre enfin, bondissant et superbe,
Tantôt d'un pied léger à peine effleure l'herbe,
Tantôt demande aux vents les objets de ses feux,
Tantôt vers la fraîcheur d'un bain voluptueux,
Fier, relevant ses crins que le zéphir déploie,
Vole, et frémit d'orgueil, de jeunesse et de joie.

Les Latins avaient cette Onomatopée. On lit dans Virgile au troisième livre des Géorgiques:

Talis et ipse jubam cervice effudit equinâ
Conjugis adventu pernix Saturnus, et altum
Pelion hinnitu fugiens implevit acuto.

Tel, Saturne surpris dans un tendre larcin
En superbe coursier se transforma soudain,
Et secouant dans l'air sa crinière flottante,
De ses hennissemens effraya son amante.

C'est le c'hwirina des Bretons. Davies écrit chwyrnu. Il traduit le mot Rhinge qui y a rapport, par stridulus, ou sonus stridens.

L'ingénieux auteur du roman de Gulliver a tiré du même son radical le nom factice de houyhinms, pour désigner un peuple de chevaux.

[HEURT, HEURTER]. Du choc rude et brusque de deux corps durs.

[HISSER]. Hausser une vergue, la faire monter au haut du mât, au commandement de hisse, hisse.

Ces mots sont pris du bruit de la vergue quand on la relève, et du frémissement de la voile quand on la froisse.