[PUER]. Du bruit que fait la bouche en repoussant, avec une forte émission du souffle, les odeurs désagréables.
Pouah, interjection qui marque le mépris et le dégoût, doit en être le son radical.
R
[RACLER]. Du frottement de l'ongle ou d'un instrument aigu sur les corps qu'ils nettoient ou qu'ils déchirent. Rakos signifiait en grec un haillon, un vêtement déchiré, une cicatrice, une ride. Rakterios, c'était le corps brisé ou raclé, qui rendait du bruit. Aristophane appelle Euripide rakiosurraptadès, raccommodeur de vieux haillons. Ragas se disait sur une autre touche pour rupture, déchirement, et de là, raga, pour force et violence.
On pourrait croire que raccommoder en est fait par antiphrase ou contre vérité, à moins qu'on ne fasse voir que les syllabes complétives en déterminent la nouvelle acception.
La famille des mots qui se rapportent à l'idée d'effraction, est évidemment tirée de la racine autour de laquelle je range ces curieuses analogies, quoiqu'elles lui soient devenues plus ou moins étrangères dans leur extension.
[RAIRE ou RÉER]. Terme de Vénerie emprunté du cerf en amour.
«Il a, dit M. de Buffon, la voix d'autant plus forte, plus grosse et plus tremblante, qu'il est plus âgé: la biche a la voix plus faible et plus courte; elle ne rait pas d'amour, mais de crainte. Le cerf rait d'une manière effroyable dans le temps du rut. Il est alors si transporté, qu'il ne s'inquiète, ni ne s'effraie de rien».
Rut, le temps où le cerf rait.
[RÂLE, RÂLEMENT, RÂLER]. Du son enroué d'une respiration qui s'épuise, et dont les derniers efforts annoncent une mort prochaine.