Tocsin, est donc composé d'un son naturel et d'un son abstrait, à supposer que sing lui-même ne soit pas une Onomatopée ancienne. Rabelais a écrit toquesing au chapitre 66 du livre IV de Pantagruel.

[TONNER, TONNERRE]. Ce météore terrible a fourni des Onomatopées à tous les peuples. C'est une des premières catastrophes naturelles qui aient dû frapper l'imagination de l'homme, et il n'est pas étonnant qu'il ait cherché à le représenter par un concours de sons éclatans. Dans notre Langue même où cette imitation est plus imparfaite que dans beaucoup d'autres, on peut remarquer cependant que le nom du tonnerre est formé d'une syllabe très-sonore, alongée d'une terminaison roulante.

Les Celtes ont dit tonitru, les Latins tonitruum, et leur prononciation donnait à ce mot une harmonie sourde et retentissante comme les grondemens de la foudre dans les échos; les Italiens tuono, les Espagnols tronido, les Anglais thunder, et les Allemands donner.

Ajoutons, sans pousser plus loin cette recherche, que les idiomes humains n'ont pu exprimer un bruit de la nature de celui-ci que par des approximations encore bien imparfaites, quoique le son radical des différens noms par lesquels ils l'ont caractérisé, soit le plus grave de tous ceux que peut former la voix. Aussi est-il devenu dans les mots son et ton, le signe général de tous les bruits, de toutes leurs modifications et de tous leurs effets.

[TORRENT]. Du bruit d'un courant d'eau très-impétueux, effet que l'auteur d'un roman moderne a cherché à rendre dans ce passage, qui ne me paraît pas tout-à-fait dépourvu d'harmonie.

«Après des pluies abondantes, un torrent large et rapide, grossi de tous les ruisseaux et de toutes les ravines, descend du haut de nos montagnes avec le bruit de la foudre, s'élance furieux dans la plaine, la remplit d'épouvante et de désastres, brise, envahit, dévore tout ce qui contrarie son passage; et, chargé d'arbres déracinés, de rocs et de décombres, il roule et se précipite en grondant dans la Salza».

Torrent se dit strumor en Langue gallique, et se trouve ainsi exprimé dans des fragmens d'anciennes poésies, attribuées à Ossian.

* [TOURDE]. En vieux français tourd. C'est un nom qu'on donne à la grive dans quelques provinces, et que les Étymologistes disent fait par Onomatopée.

Le mot twrdd a désigné en celtique, suivant M. Court de Gébelin, le chant bruyant de certains oiseaux, et, en général, les bruits tumultueux et fatigans.

Étourdir, rompre la tête à quelqu'un à force de criailleries, est construit sur cette racine.