L'amie de Caroline, sensible à tant de malheurs, accourut auprès d'elle, la consola de son mieux, et l'emmena dans une terre où elle acheva tristement sa pénitence. Les trois ans écoulés, son vampire lui annonça enfin qu'elle ne le verrait plus; il tint parole. Une leçon aussi sévère adoucit son caractère. La mort de M. de Forbignac, qui eut l'honnêteté de ne pas revenir, laissa Caroline libre de se remarier, et cette fois elle trouva un époux qui la rendit parfaitement heureuse.

FLAXBINDER CORRIGÉ PAR UN SPECTRE.

M. Hanor, illustre professeur et bibliothécaire de Dantzic, a combattu avec tout l'avantage que peut donner la vérité, les superstitions et les préjugés de la plupart des peuples anciens et modernes, au sujet du retour des âmes et des apparitions; et cependant il raconte avec la plus grande gravité la fabuleuse aventure arrivée, selon lui, à un jeune homme, nommé Flaxbinder.

Ce jeune homme, dont l'intempérance et la débauche étaient les seules occupations, se trouvait un soir absent de la maison: sa mère, entrant dans sa chambre, aperçut un spectre, qui ressemblait si fort à son fils, par la figure et par la contenance, qu'elle le prit pour lui-même. Ce spectre était assis près d'un bureau couvert de livres, et paraissait profondément occupé à méditer et à lire tour à tour.

La bonne mère, persuadée qu'elle voyait son fils, et agréablement surprise, se livrait à la joie que lui donnait ce changement inattendu, lorsque tout-à-coup elle entendit dans la rue la voix de ce même Flaxbinder, qu'elle voyait dans la chambre…

Elle fut d'abord horriblement effrayée, ensuite, ayant observé que celui qui jouait le rôle de son fils, ne parlait pas, qu'il avait l'air sombre, taciturne, et les yeux hagards, elle en conclut que ce devait être un spectre; et cette conséquence redoublant sa terreur, elle se hâta de faire ouvrir la porte au véritable Flaxbinder.

Le jeune homme qui revenait d'une partie de débauche, entre avec bruit dans la chambre. Il voit le fantôme…, il approche…, et l'esprit ne se dérange pas…. Flaxbinder, pétrifié de ce spectacle, forme aussitôt, en tremblant, la résolution de s'éloigner du vice, de renoncer à ses désordres et de se livrer à l'étude, enfin il promet d'imiter le fantôme.

A peine a-t-il conçu ce louable dessein, que le spectre sourit d'une horrible manière, jette les livres et s'envole. Pour Flaxbinder, il tint parole et se convertit.

L'APPARITION SINGULIÈRE.

ANECDOTE.