Ces paroles n'étaient pas sorties de ma bouche que je sentis une chaleur brûlante: le thermomètre qui était dans ma chambre monta subitement à 48 degrés, des flammes de diverses couleurs remplirent mon appartement; un vent brûlant m'ôtait la respiration; enfin j'étais presque suffoqué.
Tous ces symptômes me causèrent de l'effroi, et je me dis: Serait-il possible que le diable se présentât devant moi? Bientôt un spectre horrible s'approche: Que me veux-tu, dit-il, parle.
J'avais à peine la force de considérer cette hideuse figure, qui vomissoit des flammes par tous les pores, et dont le corps affreux était entouré de serpens qui se mouvaient en tous sens, lorsqu'il m'apostropha en ces termes:
Réponds-moi vite, mon tems est précieux, d'autres m'attendent, veux-tu de l'or? en voilà, veux-tu te venger? voilà la vengeance, veux-tu devenir homme d'état, homme de lettres, guerrier, tes désirs seront accomplis, je suis le dispensateur des grâces… de la gloire… choisis….. J'eus cependant la force de lui demander à quelle condition.
Je t'accorde encore 40 ans de vie, pendant lesquels tu feras tout ce que tu voudras, mais au bout de ce tems tu m'appartiendras entièrement. Tant que tu vivras, je serai ton esclave; mais après ta mort tu seras le mien; vois si ces conditions te conviennent: en ce cas, signons notre contrat, si non n'en parlons plus, adieu.
Un crime entraîne un crime nouveau, hélas! vous l'avouerai-je, j'eus la faiblesse de signer ce pacte infâme.
Chacun de nous frissonna.
Mon pacte signé, le démon me dit: Seigneur je suis votre esclave, ordonnez; toutes les fois que vous aurez besoin de moi, vous frapperez la terre avec votre pied, et de suite je serai à vos ordres. Puisqu'il en est ainsi, lui dis-je, j'exige que tu changes de forme et que tu en prennes une moins hideuse, je n'avais pas fini de parler que je vis devant moi un charmant jeune homme, qui me demanda si j'étais content; oui, mais il faut à présent que tu me donnes de l'argent, et un coffre-fort fut se placer au pied de mon lit. Tu sais que j'ai une haine mortelle contre un homme d'état, il faut me venger.
Tu seras satisfait, demain sa disgrâce sera prononcée, et tu seras à sa place.
En voilà assez pour cette fois, retire toi, et que je jouisse d'un sommeil paisible.