«Somnia fallaci ludunt temeraria nocte,
Et pavidas mentes falsa timere jubent»

«Les songes, dans la nuit trompeuse, se jouent de nous à la légère, ils font trembler nos âmes en leur inspirant de fausses terreurs.»

(CATULLE)[1]

[Note 1: Noter que Nodier attribue cette citation à Catulle, en réalité elle vient des Élégies, III, 4, v.7-8, de Tibulle. LGS]

«L'île est remplie de bruits, de sons et de doux airs qui donnent du plaisir sans jamais nuire. Quelquefois des milliers d'instruments tintent confusément à mon oreille; quelquefois ce sont des voix telles que, si je m'éveillais, après un long sommeil, elle me feraient dormir encore; et quelquefois en dormant il m'a semblé voir les nuées s'ouvrir, et montrer toutes sortes de biens qui pleuvaient sur moi, de façon qu'en me réveillant je pleurais comme un enfant de l'envie de toujours rêver.»

(SHAKESPEARE, La Tempête, acte III, scène 2.)


[Le Prologue]

Ah! qu'il est doux, ma Lisidis, quand le dernier tintement de cloche, qui expire dans les tours d'Arona vient nommer minuit,—qu'il est doux de venir partager avec toi la couche longtemps solitaire où je te rêvais depuis un an!

Tu es à moi, Lisidis, et les mauvais génies qui séparaient de ton gracieux sommeil le sommeil de Lorenzo ne m'épouvanteront plus de leurs prestiges!