C'est aussi à ces conditions que nous avons demandé à Hubert Lagardelle des cahiers de théorie et d'action socialiste. Il nous donnera dans un mois tout un cahier intitulé: les intellectuels devant le socialisme—le problème de la petite bourgeoisie. Deux mois plus tard il nous donnera tout un cahier au moins sur le socialisme municipal en France. Les cahiers de Lagardelle entreront en brochures en série dans la bibliothèque du Mouvement Socialiste.
Aux mêmes conditions nous demanderons, quand il y aura lieu, des cahiers à plusieurs citoyens.
Pareillement enfin quand nous donnerons des travaux de science ou des œuvres d'art—inclassables ou classées drames, romans ou poèmes—le cahier sera vraiment pour le travail et pour la beauté une œuvre indépendante, pure et libre. Libre de nous. Et en ce sens il ne sera plus un cahier que pour l'administration. Car étant assurés que nous devons commencer la révolution sociale par la révolution de nous-mêmes, par la révolution sociale morale de nous-mêmes, c'est pour nos cahiers d'abord que nous avons remplacé le gouvernement des auteurs par l'administration, la saine et libre et vraiment socialiste administration de leurs œuvres. Si donc j'avais encore à publier la lumière de Jérôme et Jean Tharaud, au lieu de la couper en trois morceaux comme je le fis, je la donnerais toute pareille à l'admirable tirage à part que nous en avons fait. Quand au printemps nous publierons des mêmes Tharaud Orphée en Frioul nous en ferons un très beau livre entièrement libre aux mains des auteurs.
A ces conditions nous publierons avant le premier cahier de Lagardelle un roman, si nous pouvons le nommer ainsi, la première œuvre publiée de René Salomé: vers l'action sera le deuxième cahier de la deuxième série.
A ces conditions nous publierons bientôt un drame satirique: le Bacchus de notre ami Lionel Landry. Notre ami est récemment parti pour la Chine. Il a obtenu dans le corps expéditionnaire français un poste évidemment inoffensif. Par son métier même il est qualifié pour nous envoyer des courriers. Il nous enverra des courriers de Chine. Un court billet qu'il m'envoie du bateau me promet un courrier sur le transport des troupes expéditionnaires. Ce premier courrier pourra passer en janvier.
Notre ami Henri Genevray, heureusement retourné parmi nous après deux ans de voyage intercontinental, nous donnera des cahiers de voyage. Il commencera par nous donner un cahier d'ensemble sur l'expansion coloniale devant le socialisme.
Léon Deshairs nous donnera cette année au moins un cahier d'art.
Enfin et surtout je dois annoncer mystérieusement qu'une excellente compagnie formée d'aînés que nous avons—pour dire le très beau mot une équipe de bons ouvriers littéraires—se prépare à entrer encore dans ces cahiers.
Mais l'œuvre que nous publierons avec une singulière cordialité sera de M. Antonin Lavergne un long roman: Jean Coste, ou l'instituteur de village. L'auteur est lui-même un ancien instituteur, un primaire de culture et de métier. Il est devenu professeur d'école normale primaire. Il pouvait comme tout le monde faire sa petite cosmosociographie. Mais cet honnête homme a fait le roman, l'histoire de ce qu'il sait. Jean Coste passera sans doute en trois cahiers.
Nous envoyons ferme ces cahiers à tous nos anciens abonnés. Leur abonnement, ayant commencé du premier janvier dernier, est valable jusqu'au 31 décembre prochain. Nous prions seulement ceux d'entre eux qui ne nous ont pas encore acquitté leur abonnement de vouloir bien considérer que depuis le commencement nous payons nos imprimeurs ordinaires. Ce serait une erreur de s'imaginer que l'on ne doit pas nous payer parce que nous sommes socialistes. Nous sommes assurés que la plupart de nos camarades les ouvriers compositeurs, les correcteurs et les imprimeurs sont socialistes aussi. Mais c'est justement parce qu'ils sont socialistes que l'imprimerie de Suresnes les paie comptant au tarif syndical. Pour aujourd'hui nous prions ceux de nos anciens abonnés qui n'ont pas pensé encore à le faire de vouloir bien nous apporter ou nous envoyer en un mandat le montant de leur abonnement.—Nous prions instamment ceux de nos anciens abonnés qui auraient déménagé pendant les vacances de vouloir bien nous donner sans aucun retard leur nouvelle adresse, pour que nos fiches et le répertoire soient rectifiés avant le commencement de la deuxième série.