Nos anciens abonnés savent que nous avons régulièrement envoyé les cahiers de la première série à plus de trois cents abonnés gratuits, pour la plupart instituteurs, dont les noms et adresses nous avaient été communiqués par l'administration des Journaux pour tous, 19, rue Cujas, Paris. Huit mois d'exercice patient et de correspondance active ont permis à cette administration de nous communiquer plus de cinq cents nouveaux noms. Nous les avons acceptés. Si lourd que soit financièrement pour nous un tel service, nous enverrons donc régulièrement les cahiers de la deuxième série à plus de huit cents abonnés gratuits, pour la plupart instituteurs, choisis pertinemment.
Nous prions instamment nos amis non seulement de vouloir bien eux-mêmes s'abonner, mais de vouloir bien aussi nous présenter et honnêtement nous procurer le plus d'abonnés qu'ils pourront. Nous savons de certain que beaucoup de personnes s'imaginent innocemment qu'elles ont assez fait pour ces cahiers quand elles les ont lus par communication. Nous nous permettons d'attirer leur attention sur ce qu'il y aurait de parasitaire à user indirectement de cette publication sans participer aux frais de son établissement.
Nous envoyons éventuellement ces cahiers à plus de deux mille huit cents personnes automatiquement choisies parmi celles qui peuvent s'y intéresser.
Nous les envoyons d'abord éventuellement aux abonnés du Mouvement Socialiste. La direction de cette revue amie a bien voulu nous faire communiquer la liste administrative de ses abonnés. Nous espérons qu'ayant par le Mouvement connaissance pragmatique de l'action socialiste internationale pendant qu'elle se meut ils demanderont à nos cahiers cette indispensable connaissance historique de l'action que l'on ne peut donner qu'un peu après que se sont dessinés les temps de repos.
Nous envoyons éventuellement nos cahiers à tous les abonnés du bulletin de l'Union pour l'action morale. L'administration de cette revue a bien voulu nous communiquer la liste de ses abonnés. Nous leur envoyons éventuellement nos cahiers. Nous sommes en effet de ceux qui ne peuvent nullement distinguer la révolution sociale de la révolution morale, en ce double sens que d'un côté nous ne croyons pas que l'on puisse opérer profondément, sincèrement, sérieusement la révolution morale de l'humanité sans opérer toute la révolution de son habitat social, et qu'inversement nous croyons que toute révolution formelle serait vaine si elle ne comportait pas le labourage et la profonde éversion des consciences.
Nous envoyons éventuellement nos cahiers à tous les correspondants de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen. L'administration de cette ligue a bien voulu nous communiquer son dernier bulletin. Nous y avons trouvé imprimés les noms des républicains actifs qui ont constitué à Paris et surtout en province des sections de la ligue. Nous pensons que nous avons obtenu ainsi une liste sérieuse d'anciens dreyfusards. Or il n'échappera pas à nos lecteurs que nous sommes les seuls dans une certaine région qui ayons exactement gardé la juste rigueur méthodique de l'ancienne action dreyfusiste. Alors que les différents États Majors dreyfusistes, comme la plupart des États Majors, délaissaient la considération des droits pour la contemplation des avantages, nous avons seuls dans une certaine région,—et nous n'en sommes aucunement heureux,—continué nous-mêmes à respecter rigoureusement la méthode que nous avions demandé que l'on respectât. Nous pensons aussi que nous réussirons à démontrer à ces nouveaux abonnés que la révolution sociale, au sens où nous la préparons, peut seule donner à tous les hommes le véritable exercice de tous les droits humains, peut seule instituer une cité humaine où tous les hommes soient accueillis comme des citoyens véritables.
Nous envoyons éventuellement nos cahiers à beaucoup d'universitaires, professeurs de l'enseignement supérieur et de l'enseignement secondaire, instituteurs et professeurs de l'enseignement primaire et de l'enseignement primaire supérieur, soit qu'ils fussent abonnés déjà au bulletin de l'Union pour l'action morale, soit que nous ayons demandé leur nom à l'annuaire. Nous espérons que leur enseignement pourra se nourrir des documents et des renseignements, des commentaires, des travaux et des œuvres qu'ils auront dans ces cahiers. Nous espérons qu'ils n'hésiteront pas à nous avouer pour un des leurs, à voir dans ces cahiers le travail d'enseignement que nous y mettons avant tout.
Nous envoyons éventuellement nos cahiers aux secrétaires et aux délégués des groupes socialistes qui aux récents congrès constituaient à peu près un parti opposé au parti de la domination autoritaire. Nous regrettons que le secrétariat du Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire nous ait refusé communication de ses listes. Nous regrettons toujours tout ce qui sera du huis clos. Nous n'avons pu avoir une liste sérieuse des principaux syndicalistes. Nous envoyons éventuellement nos cahiers aux citoyens secrétaires et délégués des groupes adhérents à la Fédération Socialiste Révolutionnaire, et aux Fédérations départementales et régionales. Nous les envoyons éventuellement aux Coopératives socialistes.
Autant que nous l'avons pu nous envoyons éventuellement nos cahiers aux universités populaires, aux sociétés sérieuses d'enseignement laïque et de culture postscolaire. A ces institutions surtout conviennent les principaux éléments dont nos cahiers sont formés. Si la libre pensée n'impliquait pas une audience impartiale et attentive infatigablement accordée à l'impartiale proposition des documents et des renseignements, des commentaires, des travaux et des œuvres, elle ne serait plus qu'une lamentable contrefaçon de la pensée dogmatique, de la serve pensée.
Nous envoyons éventuellement nos cahiers à plusieurs visiteurs des pauvres. Nous savons qu'une charité intelligente et constante ne tarde pas à s'apercevoir que la société présente est mécaniquement organisée pour faire des pauvres et de la pauvreté.