De temps à autre, un hourra se fait entendre, c'est un brave homme, une bonne femme, un enfant, qui, le chapeau ou le mouchoir à la main, nous envoie la bienvenue.

On passa Hochelaga, on est à Montréal, on approche du but. Les vivats, les cris de joie, les acclamations deviennent plus nourris, on voit des groupes aux fenêtres, sur les portes, sur la rive, cela prend du corps, les groupes deviennent foule et nos braves soldats penchés aux fenêtres des wagons, étonnés, émus de ces manifestations se regardent et se demandent ce qui les attend encore.

En passant près du parc Mount, des acclamations enthousiastes saluent le train au passage, maintenant chaque éminence, chaque fenêtre est occupée.

La musique du 65ème entonne la marche triomphale composée spécialement pour cette occasion.

Au loin un murmure qui se change bientôt en grondement se fait entendre et quand enfin on dépasse le signal qui se trouve près du fleuve et que le train entre en gare, c'est une explosion, un éclat de tonnerre qui se fait entendre.

A MONTREAL

Il est dix heures précises.

Vingt mille voix jettent un cri formidable:

—Hourra! Hourra!

—Vive le 65ème!