Chaque officier qui descend est tiré par les bras, par les épaules, par les pans de son dolman.

"Bonjour, salut, comment ça va; bravo, hourra vive le 65ème!"

On ne s'entend plus, on ne se voit plus; tout le monde parle, chante, crie. C'est splendide!

Les poussées continuent, les soldats ne peuvent sortir des chars, on les tire par les bras, on voudrait les faire sortir par les fenêtres.

Et les crie recommencent et les acclamations deviennent de plus en plus vigoureuses.

Pendant que le maire, les échevins, les colonels et les officiers viennent serrer la main à leurs collègues, on a fait un peu de place sur les quais de débarquement, les wagons se vident, voilà les soldats!

Bronzés, noirs, fatigués, déguenillés, la figure abîmée, les yeux rouges, les cheveux négligés, la barbe inculte, pantalons déchirés, tuniques en lambeaux, coiffés qui d'un chapeau, qui d'une casquette, les chaussures rapiécées, gibernes cousues avec des ficelles................ .........natures magnifiques, en un mot de beaux soldats aux traits mâles, durs, énergiques, vigoureux.

Voilà les soldats du 65ème après une campagne de, trois mois et demi, après avoir marché dans la neige, dans la boue, dans l'eau, dans le sable, dans la poussière, sous la pluie, la neige et le soleil!

Voilà nos braves volontaires après avoir fait des marches forcées de trente, trente-cinq et trente-huit milles en une journée!

Voilà nos amis après avoir souffert du froid, de la faim et de la chaleur.