[82] Ermilov, loc. cit.

Actuellement un bon chasseur tue par an: 150 écureuils, 100 gelinottes et 200 coqs de bruyère[83]. Un assez joli tableau! A l'écureuil surtout, les Zyrianes font une guerre acharnée; la dépouille de ce rongeur constitue le principal article de leurs échanges avec les marchands russes. Dans la région de la Petchora, cette peau est pour ainsi dire l'unité monétaire. Demandez à un indigène le prix d'une denrée ou d'un objet, le plus souvent il vous répondra tant de peaux d'écureuil, et ce n'est qu'après avoir longtemps réfléchi qu'il vous indiquera sa valeur en argent.

[83] Ermilov, loc. cit.

Statistique des produits de la chasse en 1889.

Troïtskoïé Petchorskoïé.
Valeur en roubles.
Écureuils12 0002 520
Autres animaux à fourrure (hermines, zibelines, lièvres, ours)539427
Gelinottes10 0002 000
Autres oiseaux1 000200
Savinoborskoïé.
Écureuils3 600680
Autres animaux à fourrure (hermines, zibelines, lièvres, ours)1391
Gelinottes4 000800
Autres oiseaux415130
Oust-Chtchougor.
Écureuils2 1151 830

Il y a deux périodes de chasse: l'une en automne, du commencement d'octobre au milieu de décembre, et l'autre au printemps, de février à avril.

Les Zyrianes sont très habiles tireurs, bien que leurs fusils ne soient pas précisément du dernier modèle. Celui figuré ci-après montre l'état de l'armurerie sur les bords de la Petchora. Pour faire tomber le chien on doit déclencher un os accroché à un clou. L'hiver l'armement du chasseur est complété par une paire de patins à neige[84].

[84] Ces patins mesurent une longueur de 1m,62 et une largeur de 0m,145. Ils sont donc très différents des ski norvégiens, longs parfois de 3 mètres et larges de 7 centimètres.

Les Zyrianes capturent le coq de bruyère à l'aide de pièges qui écrasent l'oiseau. Dans le but de ménager la poudre, denrée rare et chère dans ces pays, ils ont imaginé une grande variété de ces engins, d'une ingéniosité remarquable[85]. Les habitants de quelques villages disposent sur le bord des cours d'eau des nids artificiels afin de récolter des œufs de palmipèdes. Quelquefois ils les font couver par des poules et se procurent ainsi des canards domestiques.

[85] Un grand nombre de ces pièges sont figurés dans l'ouvrage d'Hoffmann, Der Nördliche Ural und das Küstengebirge Pae-Choi.